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Cour de Cassation, Chambre sociale, 05 mai 2004, Pourvoi n° : 03-60.175

mercredi 5 mai 2004

Le principe d’égalité, qui est de valeur constitutionnelle et que le juge doit appliquer, interdit à l’employeur de refuser la désignation d’un délégué syndical par un syndicat représentatif au motif que l’effectif est inférieur à cinquante salariés, dès lors qu’il a accepté la désignation dans les mêmes conditions d’un délégué syndical par un autre syndicat représentatif.

LA COUR,

Sur le moyen unique :

Vu l’article 6 du Préambule de la constitution du 27 octobre 1946, les articles 1,5,6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, l’article L. 412-2 du Code du travail ;

Attendu que M. *** a été désigné le 6 janvier 2003 délégué syndical au sein de la *** déjà dotée d’un comité d’entreprise ;

Attendu que pour annuler cette désignation, le jugement, après avoir retenu que les défendeurs qui allèguent la présence de cinquante salariés dans l’entreprise au sens de l’article L. 412-11 ne versent aucune pièce à l’appui de leur affirmation, et relevé que M. *** soutient que la demanderesse ne peut contester sa désignation faute d’avoir contesté d’autres désignations, énonce que le défaut de contestation d’une autre désignation ne suffit pas à écarter la demande de la requérante sur l’article L. 412-11 alinéa 2 du Code du travail et que, par ailleurs, ce Tribunal n’a pas compétence pour connaître d’un cas de discrimination sur le fondement de l’article L. 122-45 du Code du travail ;

Attendu, cependant, que le principe d’égalité, qui est de valeur constitutionnelle et que le juge doit appliquer, interdit à l’employeur de refuser la désignation d’un délégué syndical par un syndicat représentatif au motif que l’effectif est inférieur à cinquante salariés, dès lors qu’il a accepté la désignation dans les mêmes conditions d’un délégué syndical par un autre syndicat représentatif ;

Qu’en statuant comme il l’a fait, alors qu’il n’était pas contesté que l’employeur venait d’accepter la désignation de deux délégués syndicaux qui n’étaient pas délégués du personnel, malgré un effectif inférieur à cinquante salariés, le tribunal d’instance a violé le principe susvisé ;

PAR CES MOTIFS :

CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, le jugement rendu le 11 mars 2003, entre les parties, par le tribunal d’instance de Paris 8ème ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit jugement et, pour être fait droit, les renvoie devant le tribunal d’instance de Paris 7ème (...).

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Cour de cassation, Chambre sociale, 10 juillet 2008, N° de pourvoi : 06-45.430.

Lorsque les manquements de l’employeur à ses obligations contractuelles sont avérés et revêtent une gravité suffisante, ils justifient la prise d’acte de la rupture par le salarié ce qui produit les effets d’un licenciement sans cause réelle et sérieuse.

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Cour de cassation, Chambre sociale, 9 mai 2007, N° de Pourvoi : 05-42.301.

La démission est un acte unilatéral par lequel le salarié manifeste de façon claire et non équivoque sa volonté de mettre fin au contrat de travail ; lorsque le salarié, sans invoquer un vice du consentement de nature à entraîner l’annulation de sa démission, remet en cause celle-ci en raison de faits ou manquements imputables à son employeur, le juge doit, s’il résulte de circonstances antérieures ou contemporaines de la démission qu’à la date à laquelle elle a été donnée, celle-ci était équivoque, l’analyser en une prise d’acte de la rupture qui produit les effets d’un licenciement sans cause réelle et sérieuse si les faits invoqués la justifiaient ou dans le cas contraire d’une démission.

Cour de cassation, Chambre civile 3 ; 27 mars 2008, N° de pourvoi : 07-10.192.

Les conditions de la rémunération du syndic sous réserve, le cas échéant, de la réglementation y afférente ainsi que les modalités particulières d’exécution de son mandat, sont fixées, dans le cadre de la loi du 10 juillet 1965 et du décret 17 mars 1967 par l’assemblée générale, à la majorité prévue à l’article 24 de cette loi ; ces règles ne sont pas respectées lorsqu’un syndic ne justifie ni d’un mandat écrit ni d’une décision de nomination de l’assemblée générale ayant fixé sa rémunération préalablement à l’accomplissement de sa mission.

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