David Taté Juridique
Droit, juridique, affaires, sociétés, social, travail, fiscal, marques, entreprises, immobilier

Categories

Accueil > Articles Juridiques > Le calcul des intérêts légaux : théorie et pratique.

Le calcul des intérêts légaux : théorie et pratique.

dimanche 15 avril 2007, par David Taté

Le taux de l’intérêt légal est fixé par décret pour la durée de l’année civile et sa publication au journal officiel en facilite la connaissance. Se pose néanmoins la question du calcul des intérêts légaux, dont la réponse peut sembler bien obscure et délicate pour le profane.

Conformément à l’article L 313-2 du Code monétaire et financier, le taux de l’intérêt légal est fixé par décret pour la durée de l’année civile. Sa publication au journal officiel en facilite la connaissance et son évolution est consultable sur plusieurs sites Internet.

Lorsqu’une décision de justice prononce des condamnations pécuniaires, l’application du taux de l’intérêt légal est fréquente. Se pose alors la question du calcul des intérêts légaux, dont la réponse peut sembler bien obscure et délicate pour le profane. Pour procéder à ce calcul, certains professionnels font l’acquisition de logiciels spécialisés [1]. Mais il est également possible de recourir à un tableur, ou même à une simple calculette, à condition bien sur de connaître la formule adéquate.

Avant de se livrer à de savants calculs, encore faut il au préalable recueillir les données suivantes :

- le montant sur lequel les intérêts vont être appliqués,
- l’année pour laquelle le calcul doit être effectué,
- le taux de l’intérêt légal de l’année précitée,
- le nombre de jour de l’année précitée,
- le nombre de jour de l’année précitée sur lesquels le calcul doit être effectué.

Le recueil de ces éléments permet de procéder au calcul des intérêts légaux avec la formule suivante :

(montant du * nombres de jours * taux annuel) / ( nombre de jours de l’année * 100)= intérêts légaux pour l’année considérée.

Le taux de l’intérêt légal étant fixé chaque année, il faut reproduire ce type de calcul pour chaque année concernée par l’application du taux de l’intérêt légal. Par exemple, s’il faut appliquer le taux de l’intérêt légal pour l’année 2006 et pour l’année 2007, il faudra effectuer des calculs séparés pour l’année 2006 puis pour l’année 2007, et non un calcul global.

Par ailleurs, l’article L 313-3 du Code monétaire et financier prévoyant qu’en cas de condamnation pécuniaire par décision de justice, le taux de l’intérêt légal est majoré de cinq points à l’expiration d’un délai de deux mois à compter du jour où la décision de justice est devenue exécutoire, fut ce par provision, il faut faire attention à tenir compte du taux majoré lorsque celui ci s’applique [2], étant toutefois précisé que l’alinéa second de l’article précité permet au juge de l’exécution d’exonérer le débiteur de cette majoration ou d’en réduire le montant. En conséquence, il peut être nécessaire de tenir compte pour une même année de deux taux différents et donc de procéder à deux calculs, l’un avec un taux normal et l’autre avec un taux majoré, le taux des années suivantes étant alors bien sur également majoré.

Un exemple de feuille de calcul basique permettant d’estimer le montant des intérêts légaux sera mis en ligne prochainement.

Notes

[1Il est notamment possible de recourir au logiciel utilavocat.

[2Sont exécutoires les décisions de justice suivantes : les décisions exécutoires par provisions, les décisions susceptibles d’un recours suspensif expiré, les décisions susceptibles d’un recours non suspensif.

A lire aussi :

Jean Louis Borloo encourage l’utilisation des lampes basse consommation

Dans un communiqué du 31 août 2009, Jean-Louis BORLOO, ministre d’Etat, ministre de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de la Mer, et Chantal JOUANNO, secrétaire d’Etat chargée de (...)

Conséquence de la mention d’une convention collective sur le contrat de travail

Un arrêt de la cour de cassation rendu le 16 mai 2012 permet de constater l’importance attachée à la mention d’une convention collective dans le contrat de travail. Dans cette affaire une salarié (...)

En principe toute décision administrative peut faire l’objet d’un recours gracieux

Dans un arrêt en date du 20 novembre 2009, le Conseil d’Etat a affirmé que sauf dans le cas où des dispositions législatives ou réglementaires ont organisé des procédures particulières, toute décision (...)

Les jours de récupération du temps du travail se cumulent avec les jours de congés payés.

Ce 24 octobre 2008, l’Assemblée Plénière de la Cour de cassation a rendu un arrêt particulièrement intéressant concernant les journées de récupération du temps du travail et les jours de congés payés. (...)

metiers.justice.gouv.fr informations métiers de la justice

Le site metiers.justice.gouv.fr permet de prendre connaissance de nombreuses informations relatives aux métiers de la justice. Sont concernés les métiers judiciaires, ainsi que les métiers (...)

Cour d’appel de Paris, 22ème ch., sect. C, 16 novembre 2001, M. L. B. c./ SA EXPEDITORS INTERNATIONAL FRANCE SAS

Sur l’utilisation d’Internet à des fins personnelles, les documents versés aux débats font apparaître que bien que connaissant la réalité de cet usage, l’employeur n’a cependant jamais rappelé au salarié les limites de l’utilisation de ce matériel et n’est dès lors pas fondée à lui imputer à faute

Cour de Cassation, Chambre civile 1, 20 janvier 2004, N° de pourvoi : 00-19.577.

Loin d’être une simple compilation de documents déjà accessibles au public, le dictionnaire permanent conventions collectives regroupe et résume environ quatre cents conventions collectives suivant une présentation thématique originale, fournissant une synthèse des éléments essentiels de chacune selon un plan et un découpage propres, et conférant ainsi aux documents de base, par leur véritable réécriture simplifiée, une expression nouvelle marquée par la personnalité du rédacteur.

Sortie du nouveau code du travail annoté

Le groupe Revue Fiduciaire vient de publier l’édition 2010 de son nouveau code du travail annoté. Cet ouvrage de droit est proposé au tarif de 58 euros.

Calendrier d’actualisation de la demande d’emploi pour 2010

Le journal officiel vient de publier l’arrêté du 13 janvier 2010 portant application de l’article L. 5411-2 du code du travail et relatif au renouvellement de la demande d’emploi.
Selon ce texte, le (...)

6 articles juridiques à lire

Retour vers la semaine passée avec cette sélection d’articles juridiques qui ont été publiés sur les blogs de droit lors de cette période :
Gilles Devers fait de la fiction juridique avec l’affaire (...)

4 Messages

  • Le calcul des intérêts légaux : théorie et pratique. Le 18 juin 2009 à 11:12 , par FLEURY

    Bonjour,

    J’aimerai savoir si le calcul diffère en cas de règlement partiel de la dette ....

    et si cela était dans quelle mesure ....

    repondre message

    • Le calcul des intérêts légaux : théorie et pratique. Le 18 juin 2009 à 21:37 , par David Taté

      je pense que oui puisque le montant du principal devient moindre

      repondre message

      • Le calcul des intérêts légaux : théorie et pratique. Le 21 juin 2009 à 14:21 , par Bobby

        Ne pas oublier l’article 1254 du code civil. En cas de paiement partiel, et sauf si le débiteur y renonce, le paiement est censé concerner d’abord les intérêts.

        Article 1254 du Code civil

        « Le débiteur d’une dette qui porte intérêt ou produit des arrérages ne peut point, sans le consentement du créancier, imputer le paiement qu’il fait sur le capital par préférence aux arrérages ou intérêts : le paiement fait sur le capital et intérêts, mais qui n’est point intégral, s’impute d’abord sur les intérêts. »

        Par ailleurs, il y a, soit en cas de convention entre les parties, soit en cas de demande du créancier au juge, possibilité de capitalisation des intérêts à chaque échéance annuelle (art. 1154 du code civil).

        repondre message

Répondre à cet article