Perturbateurs endocriniens: Des scientifiques dénoncent la «manipulation de la science» pour empêcher la réglementation

Plusieurs membres de la société scientifique européenne et américaine ont critiqué les intérêts industriels qui altèrent de façon délibérée les preuves scientifiques afin que cette réglementation ne voie pas le jour.

« Ce type de réglementation dans l’Union européenne rencontre des obstacles érigés par les scientifiques solidement liés à des intérêts industriels, donnant l’impression qu’il n’y a pas d’accord là où il n’existe vraiment de polémique scientifique », jugent les signataires d’un rapport publié par Le Monde.

La « manufacture du doute »

Cette technique qui consiste à déformer intentionnellement les preuves scientifiques afin de donner l’impression du débat est constamment utilisée quand des découvertes deviennent gênantes pour d’importants intérêts industriels » précisent les scientifiques, comme le spécialiste en endocrinologie du CNRS Barbara Demeneix ou le spécialiste en toxicologie de l’université britannique de Brunel Andreas Kortenkamp.

Des effets de l’industrie du tabac, du domaine agrochimique ou du réchauffement climatique ont différé des actions préventives et impactés gravement la santé des personnes et l’environnement » tonnent-ils.

Ils déclarent que « plusieurs scientifiques très présents dans la recherche des causes sont d’accord pour dire que de nombreux facteurs y participent, comme les produits chimiques qui peuvent interagir avec le système hormonal », nommés perturbateurs endocriniens.

Élaborer une réglementation

En partant de ce fait, l’unique moyen de freiner ces effets asphyxiants est de devancer l’exposition aux produits chimiques en élaborant une réglementation plus agissante » d’après les auteurs inquiétés par l’établissement des règles proposées par l’UE ».

Cette tribune arrive alors que l’Union européenne n’arrive pas à trouver un consensus pour définir les perturbateurs endocriniens, avec une réglementation qui encadrera leur utilisation.

Alors qu’elle est en retard de deux années, la Commission a proposé une définition désignant le perturbateur endocrinien comme étant un corps créant des effets désagréables sur la santé et sur le système hormonal. Cette proposition « demande que des preuves tangibles soient fournies, des preuves plus fournies que celles d’autres produits dangereux tels que ceux cancérigènes.  En clair, il ne sera pas facile dire qu’un produit dangereux est un perturbateur endocrinien » souligne ton dans le billet.



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